Groupe de recherche CEPEC

Des activités de réécriture… avec ou sans traitement de texte

Repères théoriques et pédagogiques

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Fiche guide pour préparer et conduire des activités de relecture critique, de réécriture, avec le traitement de texte

Principes mis en oeuvre dans la classe...   ... en cohérence avec l'organisation des activités de réécriture proposées sur ce site
(voir fiche : "Comment se présente chaque fiche d'activité")
L'apprentissage de la production d'écrits s'organise autour de la conduite de projets de communication écrite(1) (voir "Schéma d'une séquence de production d'écrit"). Il y a un enjeu fort à la réécriture : c'est le besoin de se faire comprendre par le destinataire, de l'intéresser, le faire agir, lui expliquer…

Chacune des activités proposées ici correspond à des activités décrochées, portant sur un objectif ponctuel.
Enseignant et élèves ont pris conscience -au cours d'un "essai" d'écriture, réalisé dans le cadre d'un projet de communication - des difficultés qu'ils rencontrent pour écrire un texte "lisible", qui puisse atteindre son but..
Ils savent que tel exercice proposé va les aider à mieux faire face à ce type de difficulté (voir liste des difficultés/entrées)et par conséquent à réécrire / améliorer leur essai pour rendre leur texte davantage "lisible" pour le ou les destinataires

     
Les activités d'apprentissage proposées sont fréquemment différenciées. Dans un même projet, les élèves sont confrontés à une tache d'écriture à peu près identique pour tous, quel que soit le niveau de performance de chacun. Mais cette tâche est rendue plus ou moins complexe (en jouant sur la longueur du texte, les conditions, l'aide apportée, etc.) pour qu'elle devienne occasion d'apprentissage pour chacun.

Les difficultés rencontrées n'étant pas identiques pour tous les élèves, les activités décrochées sont à adapter aux besoins des élèves :
- parfois seuls certains élèves ont alors besoin de structurer un aspect particulier de l'activité (exemple : mieux gérer les répétitions);
- d'autres fois, un même type de problème se pose à tous, mais les élèves n'en sont pas au même niveau de maîtrise. Dans ce cas-là, le même objectif est visé, mais à des niveaux de réalisation plus ou moins complexe parce que mobilisant des notions plus ou moins "fines" (ex : recours à tout moyen utile pour gérer les répétitions ou incitation à varier les types de pronoms utilisés)
Les élèves - si nécessaire aidés par l'enseignant - peuvent alors choisir le niveau où ils vont s'entraîner (cf niveaux *, ** ou *** proposés pour chaque activité).

     
La pédagogie mise en œuvre est centrée sur l'apprentissage. Les élèves sont habitués à tâtonner, essayer, repérer leurs erreurs, améliorer… Ce n'est pas la réussite immédiate de la production qui prime mais le développement par les élèves de manières de penser leur activité d'écriture (ex : savoir se mettre à la place du destinataire, remobiliser des connaissances pour mieux se faire comprendre, utiliser un guide de relecture, etc voir liste des processus rédactionnels ).
De la même manière, dans les activités proposées ici, l'important est bien que chacun se soit posé des questions, ait imaginé des solutions, ait construit ou réinvesti des procédures pour résoudre le type de problème auquel il est confronté… et qu'il puisse ensuite réinvestir, dans SON texte, ce qu'il a découvert et / ou mieux structuré.
Les exercices ont généralement plusieurs réponses possibles, et il n'est pas indispensable que l'exercice soit terminé, ni même qu'il soit parfaitement réussi : aussi, il est possible de travailler en temps limité (particulièrement quand il n'y a qu'un seul ordinateur dans la classe). Au bout du temps imparti, l'apprentissage n'est pas terminé, le texte est imprimé et sert de support à la confrontation entre les élèves.
     
Les interactions entre élèves sous des formes diverses sont considérées comme une des conditions essentielles pour qu'il y ait apprentissage. La comparaison (en petit groupe) entre les productions permet de prendre conscience de ce qui en fait la réussite et de ce qui empêche le texte d'atteindre son but.
Et l'élève qui relit son texte avec l'aide d'un ou deux copains est mieux à même de se mettre à distance, d'être critique, de s'évaluer le plus objectivement possible.
Les solutions aux activités de réécriture proposées sont fréquemment "ouvertes" (plusieurs réponses possibles) et rendent ainsi plus riches les confrontations entre élèves .
Ils peuvent parfois travailler directement par 2. Ils ont alors à se mettre d'accord avant d'écrire et cela les conduit à "parler" leur activité, à expliciter ce que chacun fait mentalement.
Quand plusieurs élèves ont réalisé l'exercice et l'ont imprimé - que ce texte soit l'œuvre d'un seul ou de 2 - il est intéressant d'organiser des confrontations en petits groupes : les enfants comparent leurs choix, repèrent ce qui est identique ou non. En cas de désaccord, ils doivent chercher ensemble si certaines solutions conviennent mieux, et pourquoi, quels effets produit tel choix…
Autre possibilité : seuls quelques élèves réalisent l'activité. A un moment donné, chacun travaille avec 2 autres élèves qui n'ont pas réalisé l'activité (niveaux à peu près homogènes). Ensemble, ils analysent le texte produit et repèrent ce qui serait à améliorer, et avec quels moyens. Ensuite, tous vont pouvoir réaliser l'activité, ou une autre un peu semblable.
     
L'enseignant met régulièrement en place des conditions pour permettre à chacun de prendre de la distance avec l'activité, de prendre conscience de "comment faire pour réussir" ou de "à quoi voit-on que c'est réussi" : critères de réussite et de réalisation (ou "conseils pour réussir")
Comme expliqué ci-dessus, la prise de conscience et l'explicitation de "comment faire pour…" sont amorcées en petits groupes. Les élèves peuvent alors se préparer à expliciter - à toute la classe ou à l'enseignant - ce qu'ils ont compris, appris.
La communication en grand groupe conduit à formaliser des "outils" (ou à s'y référer s'ils existent déjà) : par exemple rôle des pronoms, modalités d'expansion du groupe nominal, silhouette particulière d'un type de texte, etc. Ces outils seront remobilisés par chacun dans la réécriture de son texte… et dans de nouveaux projets de communication écrite.
     
Le réinvestissement de ce que les élèves ont "appris" dans une situation à une nouvelle situation est considéré comme un processus difficile, qui ne va pas de soi… et que par conséquent il est nécessaire "d'accompagner", d'apprendre. Cela nécessite en particulier que l'enseignant prenne du temps pour que soient explicitées les mises en liens entre activités : de quels outils dispose-t-on pour… , que peut-on remobiliser, etc
Les activités "décrochées" proposées sur ce site n'ont de sens que si les élèves sont capables de les relier à leur activité d'écriture, c'est à dire si elles sont perçues comme un moment de découverte, d'entraînement autour d'un moyen, d'un outil, qu'ils pourront utiliser ensuite pour mieux écrire. Le rôle de l'enseignant est essentiel : "parler" cela avec les élèves, les aider à transformer ce qui a été découvert dans l'activité ponctuelle (décrochée) en "conseil pour améliorer son texte". Et bien sûr mettre en place des moments où ils pourront "raccrocher" cet apprentissage à l'activité d'écriture : phases d'analyse de productions écrites pour y repérer des dysfonctionnements, phases d'amélioration de leurs propres productions.


(1) Concernant la conduite de projets d'écriture, il est possible de se référer aux dossiers du CEPEC n° 44, 46 et 65

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